Les comptes-rendus

Et si nous parlions de Bordeaux et de santé ? - 15 juin 2019

 Stéthoscope

 

Atelier santé du 15 juin 2019

Animé par le docteur Christophe Adam, médecin généraliste, maitre de conférence associé au département de médecine générale de l’Université de Bordeaux

Invités : Clarisse Briand, rédactrice à Prescrire, intervenant en son nom personnel et le professeur Patrick Dehail vice-doyen de la faculté de médecine de l’Université de Bordeaux.

Diapositives: Voir la présentation en ligne

Compte rendu et mise en perspective

1 / Des éléments de cadre :

La santé c’est une priorité pour tous. Le bon état de santé est un critère majeur de qualité de vie, un témoin de niveau de développement, et un garant d’efficacité et de productivité.

La santé, c’est un enjeu global. C’est une question sociale, environnementale, culturelle. C’est en lien avec les conditions d’habitat, de travail, de transport…

La santé, c’est un marché et un employeur. A Bordeaux, le CHU fait partie des plus gros employeurs de la ville et même de la région (14 000 emplois). L’ensemble Carreire / Pellegrin est l’un des plus grands sites hospitalo-universitaires de France. Il regroupe des pôles internationaux de recherche reconnus (institut de santé publique - ISPED), le neurocampus…). La filière de E-Médecine est en plein développement sur la métropole, à travers un cluster TIC Santé et un cluster pharmacie GIPSO et 2 pôles d’activités : le bio parc (Bordeaux Info Campus) et la technopole Bordeaux Montesquieu.

La santé, c’est un enjeu de solidarité et de cohésion sociale. L’accès aux soins, notre conception de la solvabilisation des dépenses de santé (l’assurance maladie) sont des fondements de notre pacte social. Parler de santé et d’accès aux soins c’est faire de la politique, c’est penser l’humain dans son intimité et son parcours de vie.

2/ Des éléments de constat :

La transition épidémiologique ou l’explosion des maladies chroniques : aujourd’hui, le système de santé gère essentiellement des maladies chroniques. Il gère l’urgence, vitale, exceptionnelle. Mais il gére surtout des maladies qui s’inscrivent dans un long temps de prise en charge (le diabète, la bronchite chronique, l’hypertension artérielle, la maladie mentale chronique, la perte d’autonomie …). Les progrès thérapeutiques ont transformé certaines maladies (cancers, maladies inflammatoires) en parcours thérapeutiques longs et complexes (enjeu de l’observance thérapeutique et de l’accompagnement des patients et des aidants).

On soigne trop et on ne prévient pas assez. En France le volet curatif est trop dominant. La lutte contre la sédentarité, la « mal bouffe », l’obésité, le tabac, l’alcool restent pourtant des axes fondamentaux pour augmenter la durée et la qualité de vie. La réduction des préjudices liés aux risques de la vie, l’amélioration des conditions de vie et de travail, la lutte contre les inégalités sociales de santé, sont des axes majeurs, d’amélioration de l’état de santé d’une population. Les enjeux environnementaux (air et eau) seront encore plus demain, des facteurs à prendre en compte.

Un parcours de soins de plus en plus complexe, divisé en 5 étapes : la réduction des risques, le repérage précoce et l’intervention brève, le diagnostic et l’annonce de l’entrée dans une pathologie et dans un protocole de soin, le traitement et l’accompagnement de l’observance thérapeutique, l’accompagnement.

Une enjeu d’autonomie. Qui dit parcours long de soin, dit aussi émancipation du patient qui devient un expert de sa maladie et un partenaire incontournable pour les soignants. La vulnérabilité et son corollaire, les capacités du patient doivent être pris en compte pour monter le projet thérapeutique le plus juste et cohérent. La médecine de demain sera personnalisée et participative.

3 / Un pilotage complexe d’une politique publique et d’un plan d’actions :

C’est l’agence régionale de santé qui est en charge du pilotage des politiques de santé en France. Mais entre la médecine de ville, la médecine hospitalière, les soins de santé primaires, les soins de 2ème (médecine spécialisée) ou 3ème recours (les centres experts), le champ médico-psycho-social, la santé somatique et la santé mentale, les différentes professions de santé, les financeurs privés (assurances et mutuelles) ou para-publics (assurance maladie), une lecture globale et opérationnelle reste difficile. Le contrat local de santé tente de fixer des objectifs collectifs à tous ses intervenants mais il est peu lisible sur le terrain.

3 urgences :

- l’accès aux soins et particulièrement aux soins de santé primaire (la médecine générale). Sous toutes ses formes : cabinet de médecine générale, urgence hospitalière, téléconsultation et régulation des demandes, nouveaux intervenants de 1er niveau (pharmacie, infirmière de pratique avancée…).
- gestion des parcours de soins : coordination des acteurs, élaboration d’une décision partagée, accompagnement des étapes du parcours individuel de soins.
- la santé environnement : pollution de l’air, expositions aux micro-particules, qualité de l’eau et de l’alimentation, expositions aux risques environnementaux (canicule, tempête,…).

L’animation d’un territoire de santé devient un enjeu majeur de santé publique et de politique publique. Cette animation doit s’appuyer sur la participation active des usagers et des acteurs, pas uniquement pour définir un plan ou un contrat, mais dans une logique d’émancipation (empowerment) et de promotion de la santé.

4 / Les propositions de Bordeaux Demain :

1. Appui à toutes les initiatives d’installation en soins de santé primaire :

Maison de santé pluridisciplinaire, maison de santé, pôle de santé, centre de santé… Permettre à chaque Bordelais d’accéder à des soins primaires modernes et de qualité. Animer le réseau des professionnels locaux, renforcer leurs liens, leurs capacités à innover pour que le territoire de santé reste attractif (en 10 ans, le nombre de médecins généralistes a baissé de presque 9 % à Paris).

2. Création d’une pépinière d’entreprise de soins à destination des personnes vulnérables.

Intégrer la vulnérabilité comme un facteur négatif de santé et limitant l’accès aux soins, et chercher à limiter son impact, non pas dans une seule logique de compensation sociale, mais comme une opportunité de développement.

3. Amélioration de la coordination des professionnels de santé autour :

  • des séniors en perte d’autonomie
  • des adolescents
  • des personnes en situation de handicap

4. Accompagner les aidants ou des capacités d’aide de proximité :

  • mise en lien et renforcement des lieux ressources
  • renforcement des réseaux de bénévoles
  • renforcement des aides de proximité (commerces, voisinage…)
  • formation et information des citoyens.

La santé est un enjeu prioritaire transversal. Il doit être au coeur du projet municipal, en lien avec toutes les facettes du programme de la prochaine mandature. Il ne s’agit pas uniquement d’un projet social ou médical, mais bien d’une ambition de développement qui participe à la richesse globale de Bordeaux et de la métropole.

Retrouvez les propositions de BordeauxDemain pour la santé ici:   Propositions Santé

 

 


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