Les portraits

L'histoire

Au commencement

En juin 2016

Tout commence souvent en partageant un repas : on refait le monde en passant au crible fin celui qu’on pense vivre.


Nous sommes sept autour de la table. Notre quotidien est construit autour d’engagements soutenus , dans et pour l'action de terrain : politique, grande et petite entreprises, ONG humanitaire, université et où club de réflexion. Chacun d’entre nous donne sans compter, conscients de sa chance de vivre pleinement et en responsabilité son existence. Depuis des mois, dans des postes très hétérogènes, nous sentons tous que la machine démocratique, et avec elle, celle de la pensée pour l’intérêt général, est grippée.

Tous les sept, nous savons que nous vivons collectivement dans ce paradoxe total : pas assez de simplicité d’actions et trop de simplification de la pensée pour appréhender nos modes de vie, de consommer et de produire.

 

Conscients d’être entrés dans l’anthropocène, d’appartenir à l’espèce humaine qui consomme les ressources de la planète sans se soucier des lendemains ni de ses descendants, nous partageons une certitude : nous croyons à l’égalité des chances pour limiter les inégalités territoriales et sociales. Nous sommes convaincus que chaque personne peut trouver sa place dans la société et lui être utile, à condition de retrouver un peu de modération et de bon sens, de miser sur les capacités de chacun pour inventer un modèle de société plus sobre, plus respectueux du vivant et des ressources. L’intelligence collective peut être le rempart à la déliquescence du système général.

Bordeaux, façonnée par de grandes Hommes humanistes et avant gardistes est une ville française que nous aimons passionnément : elle doit continuer à être une terre d’expériences, d’Inventions sociales et sociétales.

Ce soir la, tous les sept nous avons conclu notre repas en prenant une décision radicale. « Et si nous essayons de créer un mouvement citoyen ? Et si nous essayons de parler, penser, faire de la politique sans manichéisme, sans tactique de prise de pouvoir ? Et si nous essayons de constituer un bloc de réflexion et de programme pour la ville de Bordeaux.

BANCO ! Sans plus de tractations nous nous sommes lancés.

L’association BordeauxDemain fut créée en juin 2016. Macron était encore Ministre de l’économie, Alain Juppé fraîchement candidat ultra favori des élections primaires pour les présidentielles et Virginie Calmels désignée pour le remplacer à Bordeaux. Vincent Feltesse, membre du Parti socialiste, conseiller du Président de la République François Hollande, avait prévenu par tweet, deux ans auparavant : il serait Maire de Bordeaux un jour.

 

Nos impressions et notre intention étaient elles justes ?

En août 2016

Notre groupe veut tenter une vraie aventure démocratique donc citoyenne sans référence à une logique partisane. Nous respectons les partis politiques bien sûr et pas seulement parce que leur existence et leur fonctionnement sont reconnus constitutionnellement. Mais puisque nous aussi, nous critiquons les partis et les responsables politiques nationaux non stop, puisque nous pensons connaître grâce à nos actions de terrain ce qui compte vraiment pour les citoyens , nous avons pris la décision de créer ce mouvement citoyen. Contribuer, influencer, s’engager et partager constituent notre ADN.

Nous avons invité chacun en août 2016 des amis chers, indépendants d’esprit pour partager notre projet justement. Ce soir la, nous sommes une trentaine dont la moitié constituera le noyau solide de l’équipe . Le fait qu’il n’y ait aucune élection locale pour les quatre années à venir facilite la mobilisation authentique et libre . Mais comme je suis élue d’Alain Juppé, j’apparais un peu suspecte de vouloir ramener à lui, leurs pensées et le temps venu leurs voix. « Sinon, à quoi servirait ce machin ? Pensent les plus inquiets de nos invités du soir.

Mais le plus important est ailleurs : tous partagent nos constats : non la démocratie ne va pas bien, oui la machine de l’égalité se bloque , oui oui la biodiversité fond tandis que l’air se réchauffe, pollué et potentiellement toxique, oui il faudra nous adapter et donc apprendre collectivement à le faire. Alors d’accord, pas mal d’invités veulent bien participer à notre dynamique….. de 7 nous passâmes à 30.

 

Qu’est ce qui ne va pas ? Qu’est ce qu’il faut améliorer ?

En septembre 2016

Halles de douves, nous sommes près de 70, les amis de nos amis sont venus se prêter à un exercice simple. Qu’est ce qui ne va pas en France, à Bordeaux, comme ailleurs ? Que faudrait il faire autrement ?

Et chacun des présents , issus de milieux forts différents aboutissent aux trois mêmes conclusions : il faudrait

● Améliorer la représentativité des décideurs
● Réanimer la citoyenneté et le goût de la politique
● Repenser les vulnérabilités dans un souci de progrès social et plus seulement de contrôle social

Et après alors ? On a constitué trois groupes de travail avec les volontaires correspondant à chacune de ces trois préoccupations.

Ce jour-là de septembre , une majorité de présents ont parlé de la nécessité de mettre en œuvre un Référendum d’Initiatives Locales.

Deux mois après, Emmanuel Macron lançait En Marche, François Hollande disait abandonner et Alain Juppé caracolait en haut des sondages des primaires de la droite.

 

Trois petits groupes pour refaire société, le monde et la rue devant chez soi

A partir de Janvier 2017

Nos trois petits groupes se réunissent régulièrement. Une charte de ce qu’est notre mouvement citoyen est élaborée [https://bordeauxdemain.com/bordeaux-demain/la-charte], notre site internet est créé et avec lui l’idée des samedis matins naît. Le nombre de participants augmente, toujours sur la double base d’une cooptation bienveillante et d’une entrée libre et gratuite.

On a décidé de bosser sur tous les sujets en s’aidant de l’expertise de pros venant nous dire, non pas leur vérité, mais plutôt le fruit de leur expérience de terrain, libres ! Puis on se répartit par groupes durant chaque séance, banque samedi matin pour que chacun prenne la parole et donc sa place.

Durant ces samedis et où lors des réunions de travail des trois petits groupe, des curieux télécommandés par telle ou telle écurie viennent espionner gentillement. Toujours cette question taraude les esprits : pour le compte de qui et pourquoi faites vous cela ? Comme si réfléchir à l’avenir de sa ville était suspect ! Comme si, me concernant réfléchir , alors même que j’ai un mandat électif, était suspect .
Invariablement je réponds la même chose : Il faut oxygéner les espaces de réflexion, plus il y en a mieux ce sera. Après tout, les non-adhérents à un parti constituent le groupe majoritaire des électeurs ; ils doivent participer à la construction de la cité. L’enjeu c’est la transparence des travaux et l’authenticité de l’intention.

Pendant ce temps là, Emmanuel Macron pousse la chansonnette d’En Marche, le “en même temps” qui fusionne les anciens ennemis idéologiques vers au mieux diront certains, le solidarisme versus XXIe siècle, au pire et à contrario un nouvel ordre libéral qui parie sur le mérite des individus les plus engagés, les autres, les derniers de cordée on verra un peu plus tard.
Alain Juppé est revenu à Bordeaux après des primaires douloureuses. Rien ne s’est passé comme prévu et ce n’est pas fini.

 

Un programme, un calendrier dans la convivialité en plus du sérieux : on accélère

A partir de mai 2017

Nous sommes désormais une vingtaine à coanimer notre collectif. Nous échangeons sur une groupe facebook dédié, 150 personnes ont adhéré à notre collectif. Nos samedi matins se déroulent méthodiquement [https://bordeauxdemain.com/comment-participer/les-comptes-rendus] accueillant de plus en plus de curieux. Mais une évidence s’impose nette et étonnante : malgré la liberté d’agir et de proposer laissée à chaque participant, rares sont ceux qui veulent écrire, prendre la parole, s’engager sur des thèmes… Sommes nous trop dirigistes ? Nous essayons de l’être le moins possible . Ne le sommes nous au contraire pas assez ? Nos techniques d’animation de groupe sont-elles adaptées ? Nous adaptons le format de nos rencontres à chaque fois pour favoriser la libre participation. Il faut trouver la bonne formule pour ne tomber ni dans le café du commerce ni dans le café philo. La culture politique des adhérents de Bordeaux Demain est faible, au sens de l’organisation d’un parti, d’une campagne, d’une institution.

Quelques fonctionnaires, de haut, voir de très haut niveau, nous rejoignent et nous travaillons sur la liste des thèmes sur lesquels il faudra avoir une idée des propositions, un budget. En transparence, notre chemin de réflexion et de propositions est présenté sur notre site internet.

Bordeaux a évolué très vite et ce qui fait encore aujourd’hui son attractivité produit aussi ses problèmes. Le rêve de la métropole millionnaire est une annonce politique anticipant une réalité mécanique et politique irrésistible. La métropole millionnaire n’est pas une promesse mais une description anticipée de ce qui arrive naturellement si on défend le principe de la métropolisation comme le modèle absolu de développement . On aurait pu défendre un autre modèle ( Le “on” s’entendant de toute la classe politique dirigeante) : celui d’une métropole archipel qui développe toutes les formes de coopération et d’alliances possibles avec les communes du Département. Cela sous entendait que les transports en commun soient efficaces et à des tarifs attractifs à défaut d’être gratuit, que les cultures ( alimentation dont eau, culturel dans leurs dimension économique aussi ) fassent l’objet de transactions continues. Les travaux conduits les samedis matins par BordeauxDemain nous l’ont fait comprendre. Il faudrait s'engager vers un étalement urbain maîtrisé grâce à des choix politiques majeurs différents en matière de développement économique et de transports en commun sur longue distance.

Au fil de nos rencontres, les membres de BordeauxDemain affirment leur goût pour la réflexion collective, la priorité donnée aux défis écologiques et sociaux dont le développement économique doit se nourrir pour réduire les inégalités territoriales et sociales. Des spécialistes d’économie sociale et solidaire et de Responsabilité sociétale des entreprises nous rejoignent. La ville verte, l'économie circulaire et du partage s’imposent dans nos travaux.

Notre président a lâché quelques bombes : “il y a ceux qui font et ceux qui ne sont rien”, a voulu enterrer les emplois aidés et changé radicalement le modèle économique du logement social. L’affaire de François Fillon a ouvert la voie à Laurent Wauquiez qui s’est servi de la sienne lors de l’un de ses cours à l’école supérieure ?? pour critiquer les siens et barrer sa propre route définitivement. Virginie Calmels l’a rejoint. Alain Juppé n’adhère plus aux républicains.

 

Pourquoi il faut être pro pour gagner en politique?

En 2018

Qu'allions nous faire de ce programme d’actions collaborée au fur et à mesure de nos rencontres, Toutes les options étaient ouvertes conformément à nos statuts : “la promotion et l’organisation de débats participatifs touchant au fonctionnement de nos institutions, notamment au plan local” et “Toutes les formes de mobilisation et d’engagement pour l’avenir sont envisageables, en veillant à ce qu’elles soient constructives, bienveillantes, alternatives et utiles”.

Il allait falloir communiquer. Cela impliquait de récolter de l’argent, d’augmenter le nombre de nos adhérents, voir à notre tour de créer un parti politique. Cette hypothèse a été sérieusement envisagée puis abandonnée car la création d’un parti nous éloignait des raisons de notre engagement de départ. Mais nous avons decidé d’augmenter le nombre de nos adhérents et la diversité de ceux-là. Pour y arriver nous avons décidé de faire des rencontres dans les quartiers, chez l’habitant parfois thématisées et de pousser notre communication sur les réseaux sociaux [https://www.facebook.com/bdxdemain/], [https://twitter.com/BordeauxDemain].

Chaque décision de Bordeaux Demain se prend après débat entre toutes les membres du bureau élargi, issus de courants de pensées et d’expériences variés. Un spécialiste en transition des organisations nous a rejoint et l’idée d’un séminaire se fait jour. [Images] 3 grandes soirées de travail ont été organisées pour discuter des 165 propositions récoltées durant ces plus de deux années de travail , les reformuler, les améliorer [lien vers les propositions].

Chaque proposition lors de ces soirées était l’occasion de débats entre les membres du bureau de Bx Demain, symptomatiques du blocage démocratique entre les rationnels technocrates et les citoyens un brin utopistes. Mais tous nous nous accordions à prioriser la ville verte et l’économie circulaire et a i te situer la transmission des savoirs, la reconnaissance des droits culturels pour ameliorer les conditions d’une citoyenneté et d'une représentativité plus efficientes.

 

Alain Juppé part, Nicolas Florian devient maire : BordeauxDemain cultive son esprit indépendant sans toxicité

Alain Juppé rejoint les sages en confiant publiquement sa perplexité sur la crise des Gilets jaunes. Nicolas Florian lui succède à l'unanimité des votes de sa majorité. Il choisira le chemin d’Alain Juppé en nommant le Modem premier adjoint. Il ne quitte pas Les Républicains et ne se soumet ni par tribune, ni par aucun autre signal à Emmanuel Macron. Son parti c’est Bordeaux, qu’on se le dise. Vincent Feltesse a quitté le Parti Socialiste, Thomas Cazenave se présente, les autres hésitent .

A chaque moment important de la vie politique locale, le bureau élargi de Bordeaux Demain se retrouve. Grande tablée et longs sourires pourcete énième rencontre d’importance: tout le bureau est tout ouïe.
Alain Juppé parti, Nicolas Florian me propose le poste de 2e adjointe en charge de la Ville de demain en ajoutant à ma délégation l'Économie sociale et solidaire et le budget participatif. Nicolas Florian est un ami, un vrai qui dit ce qu’il peut faire et tait ce qu’il ne pourra pas faire. Je le dis aux membres de BordeauxDemain. L’ESS et le budget participatif vont dans le sens de notre programme d’actions. C’est même autour de ses enjeux que nous avons recueilli le plus d’enthousiasme.

Les discussions sont sérieuses : faut-il rester ? Faut-il partir ? On tranche : je reste, je tiens bon, je prends en considération pleinement la confiance de Nicolas. Je l’explique publiquement (lien vers Radio France Bordeaux Gironde).

Nous peaufinons notre programme notamment la partie économie et culture en ayant pleine conscience des conclusions du rapport Néo Terra au niveau régional.( mettre le lien vers le document et mon intervention)

 

La presse en parle, il faut nous décider

D’ avril 2019 à septembre 2019

Un de mes collègues élus, un proche se dit-il, à confié au nouveau maire qu’il fallait être méfiant , que je préparais sûrement quelque chose de fourbe . Et oui, malgré une transparence totale, l’exercice citoyen de travailler durant trois ans en homme et femme libre apparaît toujours suspect.

Sud Ouest fait un papier [lien] juste et conforme à notre réalité et un dîner sacralise notre décision finale. Nous publierons notre histoire et avec elle, celle de notre intention ; c’est ce que vous êtes en train de lire et ailleurs sur notre vous trouverez nos propositions d’actions - les intégrer ou le lien -

Nous avons décidons de continuer à partager le goût de la politique et nos idées propositions et actions dans un contexte d’épisodes caniculaires qui démontrent physiquement l’urgence écologique conditionne toute décision .

BordeauxDemain durera bien au delà des élections municipales indépendant et ambitieux pour influer grâce à un travail de fond continue. Ses membres porteront leurs idées là où ils leur semblent qu’elles seront les plus utiles. En tant que membre et eu égard à ma configuration de vie je vais soutenir NicolasFlorian et tenter de prolonger mon action politique amplifiée par ce que j’ai continué à apprendre grâce à ce travail indépendant parallèle.

 

 

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